© @davidepuddu (CC BY 4.0), iNaturalist Imleria badia
Imleria, genre décrit par Vizzini (2014), dédié à Louis Imler (1900–1993), mycologue amateur belge · badia, du latin badius, « bai, brun-rougeâtre », la couleur des chevaux bais
Le bolet bai est un bolet très commun en France, et pourtant l'un des moins connus, éclipsé par ses cousins les cèpes. C'est un champignon ectomycorhizien : il vit en symbiose avec un arbre partenaire pour se développer. Contrairement au cèpe de Bordeaux, dont toutes les tentatives de culture ont échoué, des recherches récentes explorent sa domestication en conditions contrôlées, sans qu'aucune production commerciale n'existe encore à ce jour, à l'état sauvage, donc, il reste. On le trouve dans une grande partie de la France, avec une nette préférence pour les forêts de conifères. Il porte d'ailleurs un nom de genre récent, Imleria, créé en 2014 pour l'isoler des vrais Boletus dont il n'a que l'apparence.
Afin de vous donner les informations les plus précises possible, une grande partie d'entre elles viennent des observations déclarées du champignon en France. En effet, certaines personnes partagent des photos de leurs trouvailles sur les sites GBIF et iNaturalist. À noter qu'on ne peut se baser publiquement que sur les observations sous licence CC0 ou CC BY, de grade « Research », pour des raisons de droit d'auteur et de qualité de données.
Chaque observation est enrichie avec des données environnementales : pH, texture et type de sol (Source : SoilGrids ISRIC 5–15 cm), altitude, pente et exposition (Source : RGE ALTI IGN, MNT 5 m), Sylvo-Écorégion (Source : IGN), ainsi que température moyenne et cumul de pluie sur les 14 jours précédant l'observation (Source : NASA POWER).
Découpage IGN — Sylvo-Écorégions (SER)
Le bolet bai se ramasse de juillet à novembre, avec un pic en septembre-octobre. Le gel ne lui laisse aucune chance, la fructification s'arrête net. Comme pour tous les champignons, certaines années sont fastes, d'autres beaucoup plus discrètes.
GBIF, iNaturalist, concours Mapignon — observations raréfiées (1 obs./cellule ~5 km²)
Le bolet bai est avant tout un champignon de conifères : épicéas, pins et sapins constituent son terrain de prédilection, où il pousse souvent en abondance. Comme pour tout champignon ectomycorhizien, il pousse rarement au pied même de l'arbre, mais plutôt en périphérie, là où les radicelles fines qui nourrissent le mycélium sont les plus accessibles. Il se retrouve aussi, mais plus ponctuellement, sous certains feuillus. Il apprécie les clairières et les lisières où la luminosité est plus forte, et pousse souvent en plus grande densité que les cèpes dans les années moyennes.
Pas d'arbre, pas de bolet bai. Le champignon enveloppe les radicelles fines de l'arbre, puis échange eau et minéraux contre les sucres que l'arbre produit par photosynthèse, une association qui porte un nom savant : l'ectomycorhize. Ses partenaires les plus fréquemment cités sont les conifères, épicéas, pins sylvestres et sapins pectinés en tête, en particulier en altitude et dans les forêts de plaine à dominante résineuse. On le trouve aussi, plus occasionnellement, sous certains feuillus comme le hêtre ou le châtaignier. Cette polyvalence, bien que moins marquée qu'on pourrait le croire, contribue à sa large distribution en France.
© Zoe Coombes (CC BY), iNaturalist
© Patrick Hacker (CC BY), iNaturalist
© Jens-Christian Svenning (CC BY), iNaturalist
CC0, iNaturalist Le bolet bai est décrit par la littérature scientifique comme un champignon de sols acides, bien drainants et non calcaires, à texture plutôt sableuse, typiques des sous-bois de résineux ombragés et humides. Nos données d'observations de terrain dessinent un profil légèrement différent, avec des textures plus limoneuses que sableuses. Deux biais l'expliquent : les observations reflètent surtout les habitudes géographiques des cueilleurs, mais aussi la facilité d'accès des zones, pas la réalité complète de la distribution de l'espèce, et les données de pH et de texture, satellitaires, utilisées pour enrichir les observations mesurent une couche de sol plus profonde (5-15 cm) que celle étudiée sur le terrain par les chercheurs (0-5 cm). On est bien obligé d'assumer ce compromis, il reste indispensable pour garder des données stables à l'échelle de la France entière, les données satellitaires de surface (0-5 cm) étant trop instables.
Texture du sol (USDA) 177 obs.*
SoilGrids (ISRIC), argile + sable, horizon minéral 5–15 cm
Acidité du sol (pH) 177 obs.*
SoilGrids (ISRIC), pH H₂O × 10, horizon minéral 5–15 cm
Altitude 177 obs.*
RGE ALTI IGN, MNT 5 m, calcul Sobel
Type de sol (WRB) 177 obs.*
SoilGrids (ISRIC), classification WRB 2.0, raster probabiliste
Exposition 177 obs.*
RGE ALTI IGN, aspect dérivé du MNT (Sobel), 8 classes cardinales
Pente (°) 177 obs.*
RGE ALTI IGN, pente dérivée du MNT (Sobel), classes FAO
Critères de présence retenus 177 obs. retenues*
Enveloppe BIOCLIM sur observations raréfiées (1 obs./cellule ~5 km²), SoilGrids 5–15 cm pour pH et texture, RGE ALTI IGN pour altitude, ISRIC WRB pour le type de sol
* 1 observation conservée par cellule de 5 × 5 km, raréfaction spatiale (spThin)
Le bolet bai se contente de petites pluies estivales qui suffisent déjà à le faire sortir. Des pluies progressives restent préférables à un orage bref et violent. Une fois la pluie passée, si l'air a suffisamment fraîchi sans tomber dans le gel, direction la forêt sans traîner, sa précocité en fait un bon indicateur des grandes pousses automnales à venir.
Écart interquartile (Q25–Q75) sur les observations enrichies — NASA POWER, 14 jours glissants avant l'observation
Moyenne des températures sur 14 jours
10.9 – 15.4°C
Pluie sur 14 jours
5.5 – 27.2 mm
En cas de doute, on ne ramasse pas. Avant de partir en forêt, lisez nos consignes de prévention et de sécurité, qui détaillent les espèces mortelles, la conduite à tenir en cas d'intoxication et le cadre légal de la cueillette en France. Aucune fiche ne remplace l'avis d'un pharmacien ou d'un mycologue pour l'identification de votre récolte.