Pied de Mouton (Hydnum repandum) dans une forêt de feuillus © @terolinjama (CC0 1.0), iNaturalist
Excellent comestible

Pied de Mouton

Hydnum repandum

Hydnum, du grec ὕδνον (húdnon), ancien nom d''une truffe ou d''un champignon souterrain · repandum, du latin repandus, « aux bords ondulés »

Le pied de mouton est réputé pour sa totale fiabilité à l'identification, grâce aux aiguillons qui tapissent le dessous de son chapeau en lieu et place de lames ou de pores, une structure qu'aucun champignon vénéneux commun en France ne présente. C'est un champignon ectomycorhizien : il ne pousse qu'en symbiose avec un arbre partenaire, jamais seul, jamais cultivé. On le trouve dans une bonne partie de la France, souvent dans les mêmes forêts que les cèpes et la trompette de la mort. Il a pour cousin proche le pied de mouton roux, plus petit et plus orangé, avec lequel on le confond parfois sans le moindre risque.

Observations du pied de Mouton en France

Afin de vous donner les informations les plus précises possible, une grande partie d'entre elles viennent des observations déclarées du champignon en France. En effet, certaines personnes partagent des photos de leurs trouvailles sur les sites GBIF et iNaturalist. À noter qu'on ne peut se baser publiquement que sur les observations sous licence CC0 ou CC BY, de grade « Research », pour des raisons de droit d'auteur et de qualité de données.

Chaque observation est enrichie avec des données environnementales : pH, texture et type de sol (Source : SoilGrids ISRIC 5–15 cm), altitude, pente et exposition (Source : RGE ALTI IGN, MNT 5 m), Sylvo-Écorégion (Source : IGN), ainsi que température moyenne et cumul de pluie sur les 14 jours précédant l'observation (Source : NASA POWER).

Carte par Sylvo-Écorégion (SER) 589 obs.

Découpage IGN — Sylvo-Écorégions (SER)

63 0

Quand pousse le pied de mouton ?

Le pied de mouton se ramasse principalement d'août à décembre, avec un pic en octobre-novembre. C'est l'un des derniers grands comestibles de la saison. Le gel le ralentit à peine : il continue de fructifier même sous des nuits fraîches. Comme pour tous les champignons, certaines années sont généreuses, d'autres beaucoup plus discrètes.

GBIF, iNaturalist, concours Mapignon — observations raréfiées (1 obs./cellule ~5 km²)

456 obs. Pic de pousse Pousse possible Absent

Où trouver le pied de mouton ?

Le pied de mouton se plaît dans les forêts de feuillus, mixtes et de conifères, ainsi qu'en clairière, rarement dans les peuplements purs et denses de résineux. Comme pour tout champignon ectomycorhizien, il pousse rarement au pied même de l'arbre, mais plutôt en périphérie, là où les radicelles fines qui nourrissent le mycélium sont les plus accessibles. Il forme volontiers des cercles ou des rangées mycéliennes bien visibles, un bon indice d'un mycélium actif qui reviendra d'une année sur l'autre au même endroit.

Forêt de feuillus Forêt mixte Forêt de conifères Clairières

Les arbres compagnons du pied de mouton

Pas d'arbre, pas de pied de mouton. Le champignon enveloppe les radicelles fines de l'arbre, puis échange eau et minéraux contre les sucres que l'arbre produit par photosynthèse, une association qui porte un nom savant : l'ectomycorhize. Le hêtre reste son partenaire le plus fréquent, aux côtés des chênes pédonculé et sessile, et de l'épicéa commun, seul hôte pour lequel une confirmation moléculaire directe existe. Il se retrouve aussi sous le pin sylvestre, plus ponctuellement, dans les forêts de résineux.

Forêt de hêtres, habitat typique du pied de mouton © Zoe Coombes (CC BY), iNaturalist
Hêtre 43% des obs.
Fagus sylvatica
Chêne pédonculé, arbre hôte du pied de mouton
Chêne pédonculé 34% des obs.
Quercus robur
Chêne sessile, partenaire mycorhizien du pied de mouton © Dave Hernon (CC BY), iNaturalist
Chêne sessile 30% des obs.
Quercus petraea
Épicéa commun, seul hôte avec confirmation moléculaire directe (Agerer 1996) CC0, iNaturalist
Épicéa commun 14% des obs.
Picea abies
Pin sylvestre, hôte du pied de mouton en forêt de résineux © Patrick Hacker (CC BY), iNaturalist
Pin sylvestre 7% des obs.
Pinus sylvestris

Sol et terrain idéal pour le pied de mouton

Le pied de mouton est décrit par la littérature scientifique comme un champignon de sols acides à neutres, bien drainants, riches en matière organique, à texture plutôt légère, typiques des vieilles futaies à litière épaisse. Nos données d'observations de terrain dessinent un profil légèrement différent, avec des textures plus limoneuses que légères. Deux biais l'expliquent : les observations reflètent surtout les habitudes géographiques des cueilleurs, mais aussi la facilité d'accès des zones, pas la réalité complète de la distribution de l'espèce, et les données de pH et de texture, satellitaires, utilisées pour enrichir les observations mesurent une couche de sol plus profonde (5-15 cm) que celle étudiée sur le terrain par les chercheurs (0-5 cm). On est bien obligé d'assumer ce compromis, il reste indispensable pour garder des données stables à l'échelle de la France entière, les données satellitaires de surface (0-5 cm) étant trop instables.

Texture du sol (USDA) 474 obs.*

SoilGrids (ISRIC), argile + sable, horizon minéral 5–15 cm

Argile (%) Sable (%) Limon (%) Argile Argile limoneuse 1% Argile sableuse Limon argileux 10% Limon argileux fin 30% Limon argilo-sableux 1% Limon 40% Limon fin 17% Limon sableux 1% Limon très fin Sable limoneux Sable

Acidité du sol (pH) 474 obs.*

SoilGrids (ISRIC), pH H₂O × 10, horizon minéral 5–15 cm

1% 9% 38% 39% 8% 3% 1% 3.5–44–4.54.5–55–5.55.5–66–6.56.5–77–7.57.5–8

Altitude 474 obs.*

RGE ALTI IGN, MNT 5 m, calcul Sobel

48% 23% 15% 11% 3% 0–400400–800800–12001200–16001600–20002000–2400

Type de sol (WRB) 474 obs.*

SoilGrids (ISRIC), classification WRB 2.0, raster probabiliste

  • Cambisols 90%
  • Luvisols 6%
  • Podzols 4%

Exposition 474 obs.*

RGE ALTI IGN, aspect dérivé du MNT (Sobel), 8 classes cardinales

Pente (°) 474 obs.*

RGE ALTI IGN, pente dérivée du MNT (Sobel), classes FAO

35% 16% 13% 10% 8% 10% 5% 2% 1% 0–5°5–10°10–15°15–20°20–25°25–30°30–35°35–40°40–45°

Critères de présence retenus 474 obs. retenues*

Enveloppe BIOCLIM sur observations raréfiées (1 obs./cellule ~5 km²), SoilGrids 5–15 cm pour pH et texture, RGE ALTI IGN pour altitude, ISRIC WRB pour le type de sol

Large (Q5) Strict (Q25)
Texture
Limon40%Limon argileux fin30%Limon fin17%Limon argileux10%
pH
5.4 – 6.5
Altitude
0 – 1315 m
WRB
Cambisols89%
Exposition
E17%S17%SE15%O11%SO11%N10%
Pente
0° – 29°

* 1 observation conservée par cellule de 5 × 5 km, raréfaction spatiale (spThin)

Météo idéale pour la pousse du pied de mouton

Le pied de mouton réagit à thermo-hydrique, une baisse de température qui suit une pluie généreuse, avec une tolérance au froid parmi les meilleures des comestibles. Des pluies progressives et bien réparties valent toujours mieux qu'un orage isolé, trop bref pour vraiment humidifier le sol en profondeur. Une fois la pluie passée et l'air suffisamment refroidi sans tomber dans le gel, direction la forêt sans traîner, il tient souvent la distance bien après la fin des cèpes. Une période caniculaire reste malgré tout capable de retarder ou de perturber sa sortie. Les repères chiffrés sont juste ci-dessous.

Écart interquartile (Q25–Q75) sur les observations enrichies — NASA POWER, 14 jours glissants avant l'observation

Moyenne des températures sur 14 jours

9 – 14.3°C

Pluie sur 14 jours

5.6 – 32.6 mm

En cas de doute, on ne ramasse pas. Avant de partir en forêt, lisez nos consignes de prévention et de sécurité, qui détaillent les espèces mortelles, la conduite à tenir en cas d'intoxication et le cadre légal de la cueillette en France. Aucune fiche ne remplace l'avis d'un pharmacien ou d'un mycologue pour l'identification de votre récolte.

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